Quelques rencontres au fil de la route :
Babouchka et ses petites-filles : Elles étaient deux femmes en train de discuter sur un chemin qui coupait la voie principale, avec des vaches et, derrières elles, un hameau. Je leur ai demandé si je pouvais camper dans leur jardin. C’était la mère (65 ans), la Babouchka et sa fille (45 ans). La babouchka, me demande d’abord si je suis mariée, puis combien je donne. La fille la rabroue un peu elle en souriant. Puis la Babouchka veut savoir combien de temps je pense rester, parce que demain il faut vraiment que je sois partie. Je réponds « pas de problème » et La fille me dit que je dois suivre sa mère et que je vais dormir chez elle. Ok je suis la vielle dame un peu râleuse à l’œil aveugle.
On gare la moto dans le mini garage. Et au moment où je montre ma tente elle vient me chercher pour me montre la chambre dans laquelle je vais dormir.
Pus arrivent ses deux petites filles de 16 et 18ans, qui parlent 2mots d’anglais. Elles sont très intriguées par ma présence. On essaye de communiquer, on va chez elles : Tania (18 ans) et Inna (16ans) sont cousines. Inna vit dans le hameau elle a deux autres sœur (19 et 7 ans). L’ambiance est très féminine, la maison chaleureuse. Ca fait du bien. Je ne verrai jamais le père travaillant à la mine avec des horaires très fluctuants. C’est sympathique, les filles veulent vraiment communiquer et jouent les hôtesses. La sœur de 18 ans, très ado se regarde tout le temps dans le miroir et la petite de 7 ans crie et se cache à chaque fois qu’elle me voit. J’ai l’impression d’être à la maison !
On joue a Uno à 3 devant la grand-mère finalement bienveillante.
Le lendemain les filles me montre la région, la carrière où travaille le père d’Inne et la rivière ou elles vont se baigner l’été, la campagne.
J’ai donné 100Uat a la babouchka qui, sans les refuser, n’a pudiquement pas voulu les toucher et m’a demandé de le poser sur le frigo. Mais elle qui hier avait peur que je reste, avait envie tout d’un coup que je reste. Elle m a dit que je pouvais revenir quand je voulais, les filles aussi.
Je suis partie, désirant rester mais heureuse de cette rencontre
Robert est un ancien pasteur américain arrivé à Odessa il y a 5 ans. Il s’occupe d’un centre pour orphelin dont la situation est assez dramatique ici, créer en 1996 par un homme inspiré, Serguei Kostini
Très sympathique, Robert, aidé par des bénévoles souvent américains, prend les enfants comme ils sont.
Il y a un centre principal qui accueille les enfants qui veulent venir là, ainsi centre de désintoxication, un centre d’information au sida, un centre de premiers soins (maladie de peau), un journal pour les sans abris. Beaucoup d’enfants souhaite rester dans la rue. Aussi ont-ils créés une patrouille qui apporte médicaments, nourriture etc aux enfants des rue, ce qui leur permet aussi de garder le contact et de voir qui est où.
Beaucoup d’enfants meurt assez prématurément (overdose, suicide etc..) ou disparaissent.
Beaucoup ont le sida et se drogue soit à la colle, soit en se piquant avec un mélange de leur cru a base de médicament pour le foie que l’on trouve en commerce libre. Certains sont exploités par la mafia dans la prostitution.
The way home est une sorte de réponse aux enfants des rues d’Odessa. Pourquoi enfants des rues ? Parce que les parents (ils existent dans la plupart des cas) ne font pas leur rôle de parents (car drogués, alcooliques, pauvres, séparé, morts…). Beaucoup d’histoires différentes se mêlent ici, mais en les voyant jouer ici on dirait qu’ils ont trouvé un maison à eux.
Voir : www.thischildhere.org / www.wayhome.org.ua
Un témoignage pour les femmes et les libertés
Je ne me sens pas féministe au sens où trop de gens l’entende aujourd’hui. Je défends simplement l’idée que chacun doit avoir droit à la liberté, d’agir et d’expression. Et force est de constater que dans le monde les femmes ont moins souvent accès à ces droits fondamentaux. Mais beaucoup, au grand jour ou en secret, se battent pour faire avancer l’idée de la liberté sinon de l’égalité. Il suffit parfois d’acte simple pour déclencher des réactions, montrer l’exemple et aider à une prise de conscience. Il faut malheureusement parfois beaucoup plus, lorsque le simple fait de sortir dans la rue à tête découverte ou sans chaperon devient un crime. Pourtant, partout, des personnes se lèvent et luttes à leurs manières pour cette notion à priori simple de la liberté de choix.
Au cours de mon trajet, c’est auprès de ces femmes que je désirs me rendre afin de tisser au travers de leurs regards, de leurs mots, un témoignage en hommage au fait que tout homme est égal. De ce choix de liberté apparemment si facile dans nos pays, bien que pas toujours une évidence, traduit pour moi par l’acquisition de ma moto, j’ai envie de créer une ode à la liberté, à cette notion, si souvent bafouée que « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ».
Ainsi, si la moto sera mon moyen de locomotion, elle représente surtout pour moi un symbole d’ouverture que j’espère traduire au cours de mon périple.
Vous trouverez sur cette page, au cours de mon périple et après mon retour, des informations et témoignages sur les personnes rencontrées et qui, toutes, oeuvre à leurs manières pour cette notion appariement simple de Liberté…

